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Renault : licenciement, espionnage et maintenant démission ?
Samedi, 09 Avril 2011 09:00 (Constructeurs)
L’affaire d’espionnage chez Renault semble s’être transformée en simple escroquerie. Dominique Gevrey, l'ancien responsable de la sécurité du constructeur a ainsi été arrêté pour « escroquerie en bande organisée ». Mais l’affaire pourrait bien avoir des répercussions chez le constructeur, certains responsables étant d’ores et déjà en danger.
Une véritable escroquerie
L’ancien responsable de la sécurité de Renault, Dominique Gevrey, a été arrêté pour « escroquerie en bande organisée ». Il serait à l’origine de toute l’affaire qui a fait trembler Renault.
Reste à savoir s’il a agi seul, ou si sa fameuse source d’information existe vraiment. Cette source lui aurait appris l’existence supposée de comptes suisses appartenant aux trois cadres incriminés. Un témoin ayant travaillé pendant 10 ans avec Gevrey s’interroge : « J'ai du mal à croire que Dominique Gevrey a pu monter une telle affaire tout seul. »
Renault déjà au courant
Fin mars, après de multiples péripéties, un enregistrement fait surface. Diffusé par l’Express.fr, il date de la mi-février, soit un mois après la plainte de Renault. Cet enregistrement a été réalisé lors d’une réunion chez le constructeur en présence de Christian Husson, directeur juridique de Renault, de Me Jean Reinhart, avocat du constructeur et bien sûr de Dominique Gevrey, au cours de laquelle les deux premiers ont essayé d’amener ce dernier à parler et surtout, à être plus précis dans ses informations. Une preuve qu’ils avaient déjà des soupçons sur son honnêteté et sur la fiabilité de ses informations à cette époque ?
L’entretien est surréaliste. Me Reinhart reconnaît ainsi : « Si on regarde avec un peu de recul le dossier, tout tient en une personne qui nous a donné des renseignements extrêmement précis, extrêmement circonstanciés, au millimètre et à la virgule près. [...] Est-ce que cette personne nous a baladés ? [...] Le scénario catastrophe peut exister. »
Des démissions à prévoir ?
Après n’avoir obtenu que des réponses évasives de Gevrey, M. Husson explose à son tour : « Est-ce que tu crois, Dominique, que ton interlocuteur, mettons-nous dans le scénario noir, [...] a pu mettre un nom d'une banque et un numéro au pifounet ? [...] La pièce qui déclenche notre plainte, c'est qu'il y a des comptes offshore. Si on n'a pas cette pièce, tout s'écroule. »
Renault était donc au courant. L’entreprise savait avant tout le monde qu’un doute planait sur les informations à l’origine du licenciement pour espionnage de ses trois cadres, ce qui pourrait pousser certains hauts dirigeants à démissionner.
© Reed Digital, Claudine Alves, 27 mars 2011.
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