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Quotas de PV : le scandale éclate à Toulouse

Une directive aurait été envoyée aux motards de la police locale, leur demandant de faire au moins « 50 contraventions et 2 interpellations par mois ». Une affaire qui fait suite à une autre histoire de quotas à la Préfecture de Police de Paris mi-2010.

Inciter à la verbalisation

L’affaire a été révélée par la Dépêche du Midi. Le quotidien s’est procuré une lettre envoyée à toute une brigade de motards de la Police toulousaine par leur hiérarchie.

La directive leur impose des objectifs précis, en commençant par leur demander de « développer l'activité d'interpellation en matière de lutte contre la délinquance, notamment routière, ainsi que celle de verbalisation, et ce, de manière significative ». Elle précise ensuite qu’il leur faudra dresser 50 PV et faire 2 interpellations par mois « minimum » !

Le texte officiel va même plus loin, en incitant les 50 motards à dénoncer ceux qui « de manière déloyale, n'exécuteraient pas les instructions demandées ».

Une politique du chiffre dangereuse

Les syndicats de policiers ont déjà dénoncé à plusieurs reprises cette politique du chiffre, en vigueur depuis de nombreuses années. Selon l’UNSA Police, de telles directives peuvent amener à de graves dérives si des agents n’atteignent pas le quota en fin de mois.

Mais l’administration ne tient pas le même discours. Ainsi le directeur départemental de la Sécurité Publique de Haute Garonne a qualifié ces ordres de « politique de gestion par objectifs chiffrés ». Une politique visant uniquement « à sauver des vies » en multipliant les contrôles.

La directive avait, selon lui, pour but de « remobiliser » les motards, la brigade affichant une moyenne par motard de 42,27 amendes et une interpellation par mois « seulement » !

© Reed Digital, Claudine Alves, 14 septembre 2011.